Quelques notions : fuseau horaire, Greenwich
En 1876, Sandford Fleming, un ingénieur canadien d'origine écossaise, eut l'idée de découper la Terre en 24 fuseaux horaires afin d'homogénéiser l'heure partout dans le monde, où chacun faisait un peu ce qu'il voulait auparavant - on utilisait alors le plus souvent la position du Soleil (au moins en France d'après ce que je lis) pour déterminer l'heure. Trois ans plus tard, en 1879, il propose d'utiliser comme "origine des temps" le méridien de Greenwich. Le méridien est une ligne droite qui coupe les pôles, et dans le cas de celui de Greenwich, il porte ce nom car il passe par Greenwich, en banlieue de Londres (facile à retenir !). C'est par une loi du 9 mars 1914 que l'heure de Greenwich est adoptée en France, et que tout le pays se met ainsi à l'heure anglaise, ou GMT (pour Greenwich Mean Time).
le méridien de Greenwich passe par... Greenwich, en Angleterre
Une petite minute, on n'est pas à l'heure anglaise !? Exact, mais il fut un temps où nous l'étions. En fait c'est à cause de l'invasion allemande pendant la Seconde Guerre Mondiale que nous avons avancé d'une heure (à GMT +1) nos horloges... En effet nous passons à l'heure allemande en 1940.
Pourquoi changer d'heure ?
Vous avez sans doute entendu parler du choc pétrolier de 1973, peut-être même l’avez-vous vécu. Pour résumer rapidement pour ceux qui ne connaissent pas, on a appelé ça un choc pétrolier car le prix du pétrole, principale source d’énergie à l’époque, fut multiplié par 4 en quelques semaines à peine suite à un embargo de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).
les cours du pétrole entre 1970 et 2006
(premier choc pétrolier au bout de la ligne rouge)
Notez qu’au plus haut de ce choc pétrolier, le prix du baril de pétrole était de l’ordre de 12$ ! A comparer aux prix actuels (autour de 80$ à l’heure où j’écris ces lignes, un plus bas à 30$ et un plus haut autour de 130$ la même année en 2009)…
Le gouvernement de l’époque réagit en voulant réduire les dépenses en énergie qui explosèrent, et une façon de le faire était d’incrémenter d’une heure les horloges en été. On profite alors de plus de soleil, ce qui fait que la consommation d’électricité pour l’éclairage est moindre. A l’époque, point de centrales nucléaires, donc grosse dépendance au pétrole ! L’idée était donc de consommer moins de pétrole, tout simplement. On appelle ça l'heure d'été !
Faut-il en finir avec l'heure d'été ?
[source] Ce changement d’heure est imposé de façon unilatérale par l’état en 1976, mais ses effets sur la population ne sont pas pris en compte. De nombreuses études effectuées depuis, prenant en compte les évolutions des économies d’énergies réalisées à ce jour, tendent à critiquer plus qu’à soutenir ce changement d’heure : les bénéfices seraient surpassés par les impacts négatifs (perturbation de l’horloge biologique, baisse d’énergie, fatigue, mais aussi impacts dans le cercle du travail – synchronisation des agendas avec l’étranger dans une ère mondialisée notamment). Faut-il garder ce concept s’il n’est plus totalement bénéfique ? Faut-il en finir avec l’heure d’été ? C'est le nom que porte un rapport du Sénat examiné le 9 octobre 1996. La conclusion est la suivante :
"Il ressort de l'ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l'heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations.
En conséquence, la logique conduit à souhaiter l'abandon de ce dispositif artificiel et de revenir à un déroulement plus naturel du temps.Le choix de la Délégation pour l'Union européenne se porterait sur le maintien de l'heure GMT + 1 durant toute l'année, qui présente l'avantage d'être conciliable avec l'horaire global européen et de limiter le décalage des activités sur l'heure solaire.
Il autorise en outre chaque Etat membre à choisir, au sein de l'Union, le dispositif horaire préféré sur le plan national en n'occasionnant aucune modification perturbante : ce choix n'entraîne pas la création d'un nouveau " fuseau horaire " pour la France et le fait de ne pas modifier l'heure française en été ne constituera pas de difficulté supplémentaire dès lors que le dispositif actuellement en vigueur oblige de toute façon à modifier les horaires de transports et de communication dans toute l'Europe au moment des changements d'heure.
Si le souci d'économiser l'énergie et le souhait de favoriser les loisirs devaient être maintenus, une solution plus respectueuse des modes de vie pourrait être trouvée dans l'instaurationd'horaires d'été, plus souples et mieux adaptés aux contraintes locales que l'heure d'été actuelle. Cette idée, déjà développée en 1915 (27(*)), conduirait ainsi à décaler les horaires des écoles, des administrations ou des entreprises, en fonction de leurs besoins, de leurs contraintes et de leur situation géographique par rapport au soleil. Cette solution aurait pour avantage de cesser de manipuler les données naturelles de la vie, dont on connaît désormais l'importance et les conséquences qu'elles peuvent avoir en termes de santé publique."
Ressources
- Temps universel (UTC) et temps GMT : à ne pas confondre !
- Evolution de la consommation / production d’énergie en France depuis 1973
- Premier choc pétrolier : la page wiki en anglais (beaucoup plus riche que celle en français... désolé !)









4 commentaires:
Je tiens à témoigner, si on demande un éclairage sur un sujet aux auteurs, on l'obtient !
J'imagine que personne n'est capable de savoir précisément combien on gagne à changer d'heure. Mais, à notre petit niveau, on voit bien que ce changement d'horaire ça fout grandement la merde dans les informatiques des boites... et que s'amuser à changer d'heure deux fois par an, ça nous coûte bonbon.
Salut anonyme,
Je vais me prêter au jeu en essayant en 5min d'évaluer ce gain de consommation.
Si on essaie de mettre en évidence la dynamique de ce système énergétique, de prime abord l'économie semble principalement liée a notre dépendance en éclairage (route, maison, écoles,...). Cependant le soir est l'un des moment ou notre activité est la plus intense au niveau national : devoir, cuisine, lire le journal, voiture,... il y a donc aussi un lien avec les habitudes de chacun. Et en poussant un peu, le vieillissement de la population conditionne le mode de vie du français moyen et doit donc être pris en compte a moyen terme. Bref, en réfléchissant 10mion c'est déjà c'est le bordel.
Par contre, aujourd'hui EDF installe des compteurs intelligents qui regardent ce que l'on consomme en temps réel. Il ne manque plus qu'a savoir avec quel machine. En effet, si on connaissait précisément la consommation de chacun a chaque moment pour chaque support (four, lampe, télé)... on saurait la ou l'on consomme le plus et donc la ou il faut faire des efforts technologiques pour diminuer la consommation. Mieux si on connaissait le modèle exact en faisant une moyenne national on pourrait pointer du doigt les mauvais appareils et mettre des amendes aux constructeurs par exemple.
Mais la je me heurte au problème de la liberté individuelle... car qui voudrait que l'état sache tous les appareils qu'il possède... bref a mon avis il faut continuer a évoluer car on n'a pas le système, la mentalité et tout ce qu'il faut pour être vraiment propre... après tout on vient juste de sortir de la caverne et d'allumer le feu.
Aller vous amusez sur http://www.rte-france.com/fr/developpement-durable/maitriser-sa-consommation-electrique/la-consommation-en-temps-reel
ju
Voir les smart grids (les reseaux intelligents de distribution de l'electricite) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Smart_grid
Aujourd'hui on ne s'eclaire plus au petrole... et les centrales nucleaires ne s'arretent pas comme ca. En gros elles tournent par tranches, et ces tranches tournent ou pas, mais leur arret/redemarrage prend jusqu'a 24h. Par contre a l'echelle d'un reseau on peut mieux repartir la production en surveillant mieux la consommation.
Toujours est-il que l'electricite nucleaire coute beaucoup moins cher que ce qu'on payait avec le petrole pour l'eclairage en 1973. Et ce qui est effectivement dur a chiffrer, c'est l'impact sur la sante physique et morale des gens (peu tangible !). Il y a aussi des couts lies aux decalages dans les systemes informatiques, qui meme s'ils se reglent seuls pour la plupart, peuvent avoir des couts tangibles non negligeables pour certains...
Vaste sujet :)
Amaury
nice
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